20160921-630x0Il faut se rendre à l’évidence, nous touchons le fond.

Se présenter à la fonction suprême, à la Présidence de la République, était autrefois un acte grave, qu’il fallait peser avec soin, tant la responsabilité apparaissait lourde et inspirait à la fois crainte et respect.

Seuls les plus aguerris s’y risquaient, ceux dont l’expérience avait épaissi le cuir et affermi les épaules.

Mais ça, comme dit la pub, c’était avant…

Désormais, tout le monde s’y voit et les candidatures les plus fantaisistes pleuvent.

Plus aucun respect pour la fonction, ni pour les citoyens ; rien ne dissuade les prétendants, ni l’inexpérience, ni le casier judiciaire…

A côté des visages vus et archivus, qui ont trahi et retrahi, fleurissent donc des candidatures incroyables, hallucinantes, qui prêteraient à rire si le sujet n’était sérieux. A croire que certains se sont dit un matin :  « Pourquoi pas moi ? Après tout, l’autre ne vaut pas mieux… »

On raconte que le jour de l’élection de Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin se serait exclamé : « Ce nain va nous faire une France à sa taille ! »

Je ne partage pas le jugement. La France est et restera un grand pays. En revanche, ce qui est vrai, c’est que Nicolas Sarkozy nous a confectionné une fonction présidentielle à sa taille.

Sa présidence brutale, vulgaire, dont les sondages d’opinion étaient la seule boussole, a ouvert la voie. Du sur-mesure pour la plupart des candidats d’aujourd’hui !

Malheureusement, nous savons bien à qui profite ce genre d’époque troublée ; la campagne s’amorce à peine que déjà les thèmes du front national se sont imposés.

Dans toutes les émissions, les débats tournent essentiellement autour des migrants, de l’Islam, de l’insécurité, des frontières… Chaque candidat montre ses biceps, promet de frapper plus fort que le concurrent, de régler les problèmes en 100 jours… Et lorsqu’en fin d’émission il reste un peu de temps, on aborde la question économique, mais rapidement et uniquement sous l’angle des milliards d’économie à réaliser. Sur ce point, la recette est à peu près la même pour tout le monde, une belle saignée dans la fonction publique, on diverge seulement sur la quantité d’écoulement nécessaire…

On le sait, le reflexe naturel face à ce genre de spectacle est de se détourner.

C’est ce que beaucoup font, ils ne votent plus.

Pourtant, il faut impérativement lutter contre cet instinct qui commande la fuite, car si personne ne peut, à ce stade, prévoir le résultat des urnes en mai prochain, nous devons garder à l’esprit que le pire est possible…

A Génération Creil, comme dans des centaines de collectifs citoyens partout en France, nous pensons que déserter l’espace public, c’est le laisser aux mains de ceux qui abîment jour après jour le pays.

C’est pourquoi, dès le mois d’octobre, nous lancerons une campagne d’inscription sur les listes électorales.

Nous voulons, à notre niveau, contribuer à la mobilisation citoyenne.

Viendra ensuite la campagne des présidentielles.

Nous espérons sincèrement que des candidatures sérieuses et porteuses d’espoir se démarqueront.

Mais que ce soit le cas ou non, nous feront notre travail de mouvement citoyen en nous efforçant, sur ce Blog, de questionner les programmes, de décoder les projets, d’apporter le maximum d’informations sur les velléités des uns et des autres, cela dans l’espoir d’éclaircir pour nos concitoyens les enjeux du vote.

Ensuite, chacun fera son choix, librement.

Abdelaziz RIFI SAIDI