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Politique de la Ville à Creil.

Politique_de_la_villeDepuis 30 ans, Creil est une des principales villes bénéficiaires de la « politique de la ville ». Et le quartier Rouher fera très certainement partie des 1 200 « quartiers prioritaires de la politique de la ville » définis par la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, adoptée en première lecture par l’assemblée nationale le 27 novembre dernier.

Les contrats successifs entre la ville et l’État ont permis d’engager des travaux urbains importants sur le quartier Rouher, les derniers étant les chantiers actuels de la rénovation urbaine avec la démolition de certaines barres pour la reconstruction de petits immeubles et de maisons de ville, la restructuration du centre commercial des Hautes Haies, l’ouverture de nouvelles voies de circulation piétonne et routière et la construction du nouveau Centre Georges Brassens.

Mais la politique de la ville est aussi une politique de développement qui vise à favoriser la cohésion sociale par la mise en place d’actions d’insertion et d’accès à l’emploi, d’accès aux droits, d’actions culturelles et de soutien aux associations…

Malheureusement, force est de constater que cette politique n’est pas parvenue à réduire les inégalités ni à enrayer la montée du chômage… Ce qui fait dire à beaucoup qu’elle est inutile.

Pourtant, Creil a bénéficié depuis 30 ans de subventions conséquentes qui ont permis le développement de nombreuses actions de solidarité ou d’animation sociale. Mais aujourd’hui, face à la baisse des financements publics, les associations sont confrontées à des difficultés qui compromettent leur action auprès des habitants.

Où en est-on aujourd’hui à Creil ?

Nous bénéficions toujours d’un contrat avec l’État, le contrat urbain de cohésion sociale, mais toutes les décisions sont prises en « vase clos », sans que soient mises en débat les orientations de ce contrat. Il faut en finir avec la distribution des crédits de la politique de la ville décidée par les seuls élus, sans que les habitants et les associations n’aient voix au chapitre. Au mieux, ces derniers apprennent les décisions sans avoir pu débattre collectivement des actions à mettre en œuvre.

En 2015, un nouveau contrat de ville sera signé avec l’État. Mais c’est dès maintenant que nous devons préparer ce contrat défini par l’État qui réaffirme la poursuite de la rénovation urbaine, tout en garantissant l’application des autres politiques publiques par l’État et les collectivités territoriales. Ce contrat développe également la participation des habitants par la création de Conseils citoyens.

Pour nous, la politique de la ville ne peut se faire sans les citoyens concernés. Qui peut mieux que les habitants connaître les problèmes qu’ils vivent au quotidien et proposer des priorités d’actions ?

Aussi, nous nous engageons à associer les citoyens et les associations qui agissent sur ces quartiers à toutes les instances d’élaboration et de décision du futur contrat de ville.

Nous nous engageons à soutenir le développement des associations et nous redéploierons l’action des services municipaux pour qu’elle bénéficie à tous les habitants de la ville, en particulier à ceux qui sont les plus en difficulté. Et nous n’oublierons pas que les subventions de la politique de la ville doivent venir en complément des autres politiques publiques. Elles ne doivent pas les remplacer.

Nous favoriserons la création des nouvelles instances de participation que sont les Conseils citoyens, en leur garantissant la possibilité de travailler en toute indépendance. Les citoyens et les associations seront ainsi réellement associés aux décisions qui seront prises pour leur quartier et pourront en évaluer les effets.

Bénédicte MADELIN