Depuis plusieurs années, nous dénonçons les choix et les orientations du Maire, M. Villemain, et de son adjoint aux travaux, M. Cabaret, concernant la réhabilitation de la piscine : décisions hasardeuses qui se traduisent par une explosion de la facture, absence de réflexion en vue d’une mutualisation des équipements aquatiques à l’échelon communautaire, gestion calamiteuse qui pèse lourdement sur le budget de la ville et donc sur le contribuable creillois.

En mars 2017, la chambre régionale des comptes a livré son rapport d’observations définitives concernant la gestion de la piscine pour les exercices 2010 et suivants.

Celui-ci confirme malheureusement dans les grandes largeurs les inquiétudes que nous avions exprimées.

Extraits du rapport:

– Schéma directeur:

  • « Il n’a pas existé et n’existe toujours pas, à l’échelle locale, de schéma directeur des équipements aquatiques. »
  • « Bien que la communauté de l’agglomération creilloise se soit dotée de la compétence « équipements sportifs », les centres aquatiques ne sont pas d’intérêt communautaire. La chambre observe que cette absence de vision communautaire des équipements aquatiques est préjudiciable. »

– Coût de l’opération:

  • « Le coût prévisionnel opérationnel de la réhabilitation était estimé par l’assistant à maîtrise d’ouvrage à 6,2 M€ HT en 2006 (dont 4,97 M€ de travaux). Le coût final de l’opération au 31 décembre 2015 s’élève à 9,9 M€ HT(dont 8,35 M€ HT de travaux, soit 11,85 M€ TTC). L’augmentation entre le coût prévisionnel et le coût final est donc de 60 %. »

 

  • « Selon une étude réalisée par la fédération française de natation, le coût de construction d’une piscine comportant un bassin sportif de 25 mètres et un bassin d’apprentissage représente un montant de l’ordre de 5,5 M€ à 6,5 M€ HT, soit de 11.000 € à 13.000 € par m². La réhabilitation de la piscine de Creil a, quant à elle, représenté un coût de 8,35 M€ HT, soit 22 877 € au m². »

Charges d’exploitation:

  • « Dans les équipements comparables, les charges d’exploitation rapportées au m² s’établissent entre 1.200 et 1.700 €/m². En 2015, ce coût s’établit pour Creil à 2.221 €/m² de plan d’eau, soit 31 % de plus que ce qui est habituellement observé. »

– Charges à caractère général:

  • « Avant la réhabilitation, en 2009, le coût au m² hors charges de personnel représentait 546 €/m². En 2015, ce même coût s’établissait à 918 €/m², soit une hausse de 68 %, dû notamment au recours plus important à des sociétés assurant la maintenance de l’équipement. »

– La maintenance et l’entretien:

  • « Les coûts liés à la maintenance et à l’entretien représentent 20 % des dépenses d’exploitation, soit une part sensiblement plus importante que les 5 % usuellement constatés dans d’autres équipements. Cette importante part dédiée aux charges de maintenance s’explique, selon la commune, par sa volonté de confier ces prestations à un opérateur disposant de la technicité nécessaire. En 2015, ces coûts représentaient 450 €/m² alors qu’en 2009, avant la réhabilitation, ce montant était de 60 €/m², soit une multiplication par plus de sept. »

– L’énergie:

  • « Les dépenses d’énergie au m² ont progressé de 21 % depuis la réhabilitation de la piscine10 (de 300 €/m² à 363 €/m²) sous l’effet d’une multiplication par plus de quatre des charges liées à l’électricité (de 50 €/m² à 232 €/m²), qui s’explique notamment par l’installation de nombreux équipements énergivores (saunas, jacuzzis, etc.). »

– Résultat d’exploitation:

  • « Le résultat d’exploitation est déficitaire de 684 000 € en moyenne par an au cours des deux dernières années pleines. »
  • « In fine, le contribuable municipal prend en charge plus de 80 % des dépenses liées à l’exploitation de la piscine. »
  • « Les charges annuelles de fonctionnement par entrée sont de 11,86 € en 2015. Pour un équipement comportant des bassins couverts d’environ 500 m², soit 37 % plus grand qu’à Creil, la fédération nationale de natation mentionne un montant de charges annuelles de fonctionnement par entrée compris entre 4 et 8,5 €, soit près de 40 % de moins qu’à Creil ».

Une nouvelle fois, nous alertons l’ensemble des Creillois sur la dérive financière dont se rendent coupables le Maire et  sa majorité. En effet, comment imaginer que les comptes de notre ville pourraient être épargnés par cette politique d’investissement désastreuse !

Comment ne pas être inquiet face à la fuite en avant du Maire qui a emprunté, depuis 2014, 17,8 millions d’euros supplémentaires. Ainsi, la dette de notre ville est passée de 20.907.579,00 € en 2013 à plus de  30.000.000,00 €  aujourd’hui, soit une augmentation de plus de 50% !!!

Comment ne pas être inquiet face à l’utilisation abusive des lignes de trésorerie pour des besoins dits « ponctuels » depuis 2009. 12 millions sollicités auprès des organismes bancaires depuis le début de l’année, auxquels s’ajoute un montant restant dû de 4,9 millions pour l’année 2016 !!!

Il est plus que temps d’en finir avec cette gestion chaotique des deniers publics.

Hicham Boulhamane – Génération Creil