Le Maire de Creil n’a honte de rien.

On croyait l’époque des scores à la soviétique derrière nous, on se trompait !

Jeudi soir avait lieu le vote de désignation des candidats socialistes pour les législatives de 2017.

Pour la circonscription qui englobe Creil, quatre sections locales étaient appelées à voter : celles de Chambly, Méru, Montataire et, bien sûr, Creil.

Un seul candidat était en lice : celui voulu et porté par le Maire de Creil.

Pas le choix donc.

Les choses ont été parfaitement verrouillées.

Évidemment, les résultats à Creil sont sans surprise : sur 92 votants, 88 ont obéi au Maire et désigné son poulain.

Pour vous comme pour moi, ce score d’un autre temps prête à sourire.

Mais il y en a un qui, paraît-il, n’a pas souri du tout, c’est M. Villemain.

Rendez-vous compte, quatre militants ont trahi ! Quatre ! Le ver est dans la pomme ! C’est le début de la fin ! La révolution ! Le grand soulèvement !…

Je l’imagine parfaitement, notre cher Maire, cloîtré dans son bureau après le vote, en train de fulminer, de vociférer, de tempêter à en faire trembler les fenêtres de l’Hôtel de ville…

Son score l’enrage.

Il voulait 100%, pas moins !

Vous pensiez peut-être que seul un dignitaire nord-coréen pouvait encore s’offusquer d’une victoire à 96% ? Eh bien vous saurez à l’avenir que le Maire de Creil n’accepte pas non plus qu’il manque la moindre voix à l’appel.

Ce genre de surprises le bouleverse et le pousse à toutes sortes d’extrémités.

Je suis d’ailleurs convaincu qu’à l’heure où nous parlons, il organise déjà la traque, que des mouchards font la queue devant la porte de son bureau, qu’il reçoit des textos, des mails, des coups de fil, et que d’ici peu, les quatre courageux qui ont cru un temps pouvoir voter librement, en conscience, seront appréhendés, fouettés sévèrement, bouillis et crucifiés pour l’exemple…

Je dis quatre courageux car il faut se figurer le contexte et l’ambiance dans le bureau de vote à Creil : un seul bulletin sur la table, pas d’isoloir, le candidat debout devant l’urne, et des yeux partout qui guettent, qui surveillent, qui intimident…

Dans les autres bureaux de la circonscription, où la liberté du vote était mieux garantie, les scores sont bien entendu différents.

Les voici :

Méru : 34 votants, 9 voix pour le candidat unique.

Chambly : 33 votants, 0 voix pour le candidat unique.

Montataire : 17 votants, 1 voix pour le candidat unique.

Éloquent, non ?

Au vu de ces résultats, on peut affirmer sans prendre trop de risques qu’une baffe électorale terrifiante s’esquisse pour le PS dans notre circonscription.

En effet, comment un candidat élu de justesse et uniquement grâce au plein des voix à Creil espère-t-il gagner l’élection en juin prochain ? De quelles forces militantes disposera-t-il sur le terrain en dehors de Creil ? Faut-il rappeler que Creil ne représente que 15% des électeurs de la circonscription ?

On dit toujours que pour remporter une élection, il faut d’abord rassembler sa famille politique, et ensuite élargir. Si le candidat du Maire de Creil se ramasse déjà à la première étape, est-il vraiment raisonnable pour lui d’insister ? Il devrait peut-être s’inspirer de François Hollande…

Abdelaziz RIFI SAIDI