Tout le monde se souvient de l’injonction, toute en nuance et empreinte d’un profond respect, que le maire avait adressée aux gens du voyage il y a un an :

« Repartez avec vos ordures et vos excréments ! »

Cette fois, c’est dans le Parisien qu’il formule toute l’estime qu’il porte aux habitants d’un des quartiers de notre ville.

Dans un article consacré aux difficultés que rencontre le quartier du Moulin, le maire de Creil s’est exprimé en ces termes :

« On a découvert des défauts dissimulés, notamment dans les tours At Home, détaille t’il. Les gens ont voulu partir mais les Creillois de la classe moyenne, qui eux connaissaient le problème, ne voulaient pas venir. Les bailleurs sociaux ont alors mis n’importe qui, sans préserver la mixité sociale. »

Que doit-on déduire de ces quelques lignes ? Qu’il faut au moins appartenir à la classe moyenne pour être quelqu’un ? Sinon on est « n’importe qui » ?

La lecture de cet article a provoqué beaucoup de colère et d’indignation, et pas seulement chez les habitants du Moulin. Beaucoup de ceux qui ont accordé leur confiance et leurs suffrages à Monsieur Villemain s’en mordent aujourd’hui les doigts. Ils doivent se souvenir avec écœurement de ses discours de campagne ; des mots solidarité, égalité et partage qu’il scandait la main sur le cœur et des trémolos dans la voix…

Entendre de tels propos dans la bouche d’un homme prétendument de gauche est dégoûtant.

Dégoûtant, car au-delà des mots, qui sont par eux-mêmes inqualifiables, il parle de familles dont il connaît personnellement les situations.

En effet, lorsqu’il dit que « les bailleurs sociaux ont mis n’importe qui », il omet de préciser que les bailleurs sociaux, c’est aussi lui, puisqu’il est Vice-président de la commission d’attribution de logements chez Oise Habitat, et surtout il ne réalise pas qu’en prononçant les mots « n’importe qui », il confesse sans le vouloir les sentiments que lui ont probablement inspirés les dossiers dont il a eu à connaitre et sur lesquels il s’est prononcé.

Tout cela est d’une grande bassesse, car on ajoute aux difficultés parfois grandes que rencontrent beaucoup des habitants de ce quartier un mépris clairement affiché.

Et le plus consternant, c’est que dans peu de temps, le maire de Creil reviendra les courtiser, la bouche débordante de mots de gauche, afin d’obtenir leurs voix pour les élections présidentielles et législatives. Espérons seulement qu’à ce moment-là, lorsqu’il leur rejouera sans rougir sa partition du « plus à gauche que moi tu meurs », les blessures infligées par ce triste épisode ne seront pas déjà oubliées…

Abdelaziz RIFI SAIDI

Une réponse à Encore des propos indignes…

  • Et oui nous sommes n’importe qui dans ce quartier oublié, laissé à l’abandon…
    Il n’y à plus rien dans ce quartier…
    Mais il y a des enfants qui sont n’importe qui et qui ont de très bons résultats scolaires…